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Blog de Jean-Michel

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Vincent

July 09

C'EST PAS MA FAUTE !

L’être humain cherche à se déculpabiliser, à se trouver des excuses ou des « boucs émissaires» plutôt que d’avouer ses fautes. Les « ce n’est pas de ma faute », ou les « je ne suis pas responsable » remplacent trop souvent  un regard honnête et sans complaisance sur soi-même et sur l’humanité en général.

Ce sympathique petit conte auvergnat met en évidence l’aveuglement personnel sur sa propre condition, en rejetant la faute sur autrui. Voici un résumé de l’histoire, le paradis perdu, rapportée par R. & P. Soupault dans Histoires merveilleuses des cinq continents (Ed. Seghers) :

 

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                           Un jour un roi visitait son domaine. Il s’arrêta devant une pauvre chaumière dans les bois, attiré par des lamentations provenant de l’intérieur. Un couple de bûcheron y habitait. La femme pleurait en disant : Nous n’avons plus rien à manger, malgré notre travail. Ne pouvons-nous pas être heureux ! Adam et Eve n’avaient pas besoin de travailler au paradis. Si Eve n’avait pas cueilli cette pomme, nous pourrions vivre comme des rois ! Elle aurait mérité une bonne raclée !

            Le roi frappa à la porte. On le fit entrer et il demanda :

-       Vous êtes donc tellement malheureux ?

-       Nous allons mourir de faim, malheur à nous !

-       Non, dit le roi, vous ne mourrez pas. Vous allez venir avec moi au palais où vous serez heureux comme Adam et Eve. Mais il vous faudra m’obéir.

-       Certainement, Sire, s’écria la femme, nous ferons tout ce qu’il vous plaira.

-       Partons ! dit le roi. Fermez votre porte et emportez la clé.

Au palais royal, le couple eut tout ce qu’il voulait, vivant comme les gens de la cour. Le roi leur dit :

-       Tout ce vous désirez, je vous l’offrirai, mais regardez bien cette terrine sur cette table : vous ne devez jamais l’ouvrir ou vous serez maudits.

Le roi parti, le couple se demanda ce qu’il pouvait bien y avoir dans cette terrine. L’homme et la femme étaient exaucés de tous leurs désirs, mais petit à petit, l’inquiétude gagna la femme au sujet de la terrine sur la table à laquelle il ne fallait pas toucher.

-       Que peut-elle bien contenir ?

-       Cela ne nous regarde pas, dit son mari.

Rongée par la curiosité, la femme devint triste. Elle ne mangeait plus et rien ne la satisfaisait plus. Son  mari lui en demanda la raison.

-       Je préfère mourir plutôt que de ne pas savoir ce que contient cette terrine !

-       Si tu l’ouvres, le roi nous chassera du palais !

-       Mais non, soulève juste un peu le couvercle pour voir, personne ne s’en apercevra !

Etant seuls dans la pièce, l’homme souleva le couvercle. Une minuscule souris en sortit. Ils essayèrent de la rattraper. Impossible !

Le roi fit son entrée. Ils se cachèrent sous la table. Le roi les appela, mais ils n’osaient pas sortir de leur cachette.

-       Venez, dit le roi, j’ai quelque chose à vous dire.

-       Je sais, la souris s’est sauvée, répondit l’homme.

-       Vous ne pouvez plus rester ici. Vous avez traité Adam et Eve d’imbécile, vous êtes encore plus bête qu’eux. Sortez du palais !

Le couple retourna dans sa chaumière. Ils y furent très malheureux. Leurs enfants leurs dirent :

-       Comme vous avez été bêtes, papa et maman !

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Ainsi est l’être humain, prompt à juger les autres, rejetant la faute sur les autres et n’apprenant rien de l’expérience et de l’histoire. La désobéissance est inscrite dans les gênes de chaque être humain, transmise par le premier couple. Depuis lors, elle fait son effet en atteignant chaque personne à la surface de la terre. Chaque être humain est désobéissant et coupable devant la loi de Dieu. La Bible dit : Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu (Lettre aux Romains, ch. 3, v. 23) et Par un seul homme, le péché est entré dans le monde et par le péché, la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché… (Lettre aux Romains, Ch. 5, v. 12). Cette condamnation est-elle sans appel ? N’y-t-il pas moyen de sortir de cet inéluctable faillite humaine ? S’il n’y a pas de moyen de s’en sortir en se croyant juste, ou en rejetant la faute sur d’autres (comme Adam l’a fait en rejetant la faute sur Eve), Dieu a prévu la solution pour sauver l’être humain qu’il a créé et qu’il aime. La solution, c’est qu’après la faillite d’Adam et de sa descendance, il a envoyé un second Adam pour racheter les hommes de leurs fautes condamnables. Ce second Adam s’appelle Jésus-Christ, le propre Fils de Dieu. Sa mission fut de révéler la volonté de son Père et de l’accomplir parfaitement. Le péché mérite la mort. Jésus-Christ a supporté la mort pour l’humanité, afin de donner la vie éternelle à ceux et celles qui le reconnaissent comme leur Sauveur et Seigneur.

 

Voici ce que dit l’apôtre Paul (Romains 5. 16-19, Bible du Semeur) : « Quelle différence aussi entre les conséquences du péché d’un seul et le don de Dieu ! En effet, le jugement intervenant à cause d’un seul homme a entraîné la condamnation, mais le don de grâce, intervenant à la suite de nombreuses fautes, a conduit à l’acquittement. Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront–ils dans la vie par Jésus–Christ, lui seul.  Ainsi donc, comme une seule faute a entraîné la condamnation de tous les hommes, un seul acte satisfaisant à la justice a obtenu pour tous les hommes l’acquittement qui leur donne la vie. Comme, par la désobéissance d’un seul, beaucoup d’hommes sont devenus pécheurs devant Dieu, de même, par l’obéissance d’un seul, beaucoup

sont déclarés justes devant Dieu»

 

Pourquoi alors continuer à accuser les autres de ses propres mauvais choix ? Il n’est plus question d’être condamné au malheur pour ceux et celles qui reconnaissent leurs fautes personnelles et confient leur vie à Jésus-Christ. Lorsque l’homme ou la femme prend cette décision, Dieu les déclare justes. Il les fait bénéficier de la justice de Christ. Dans la même lettre aux Romains, Paul précise qu’il n’y a plus de condamnation pour celui ou celle qui se confie en Jésus-Christ. L’homme vit alors sous la grâce de Dieu. Il n’a plus à accuser les autres, ou chercher à se déculpabiliser, mais il s’engage à vivre dans la lumière, confessant ses fautes et rejetant le mal, avec l’aide de l’Esprit de Dieu. La transformation intérieure est la preuve de ce changement de vie. Dieu inscrit dans le cœur de la personne qui lui appartient, la certitude de vivre éternellement avec Lui.

 

June 23

TOUJOURS PLUS ?

 

Il est parfois bien difficile de se contenter de ce que l'on a, tellement nous nous créons de besoins, remplissant constamment notre coeur de désirs inassouvis. Et quand bien même on aurait tout en abondance, pourrions-nous être satisfaits ? La profusion de biens peut-elle nous rendre heureux ? Peux-t-on vivre heureux sans vouloir absolument posséder ce qu'on n'a pas ?
Jorge Bucay raconte une histoire de convoitise dans son livre "Laisse-moi te raconter les chemins de la vie". Ce conte pourrait être aisément complété avec la fable de Jean de la Fontaine "le savetier et le financier".
Voici un résumé de ce conte :
Il était une fois un roi très triste qui avait un domestique heureux. Ce dernier souriait, chantait, toujours joyeux. Le roi lui demanda : Quel est le secret de ta joie ? Le domestique lui répondit qu'il n'avait pas de secret, qu'il était heureux de servir le roi, cela lui suffisait. Le roi ne voulu pas le croire. Il appela un conseiller pour lui demander la raison du bonheur de son domestique. Réponse du conseiller : C'est parce que ce domestique est en dehors du cercle des 99. Le roi ne comprenant pas, le conseiller décida de lui montrer par des faits qu'on peut faire entrer quelqu'un dans le cercle des 99 pour son propre malheur.
117851372734YjXt        Une nuit, ils sortirent tous les 2 avec une bourse remplie de 99 pièces d'or. A l'aube, ils déposèrent la bourse devant la porte du serviteur avec ces mots : "ce trésor est à toi. C'est ta récompense pour être un homme bon. Jouis-en et ne dis à personne comment tu l'as trouvé". Lorsque le domestique sortit, il lut le message, prit la bourse et rentra chez lui. Ne sachant pas qu'il était observé par la fenêtre, il déposa le contenu de son sac sur sa table et commença à compter son trésor. Il eut beau compter et recompter, il ne trouva que 99 pièces. Le serviteur s'exclama : Ce n'est pas possible, on m'a volé ! Après avoir encore recompté, il se dit : 99 pièces, c'est beaucoup d'argent, mais ce n'est pas un compte rond ! La paix et la joie disparurent de son visage. Cachant son  trésor, il se mit à calculer combien de temps il lui faudrait travailler pour obtenir la précieuse pièce qui lui manquait pour faire un compte rond. En travaillant dur, il pourrait être vraiment riche avec 100 pièces d'or... et ne plus travailler. Il trouva qu'en travaillant dur pendant 12 ans, il gagnerait cette pièce d'or. Et en travaillant plus, en faisant travailler sa femme, 1210084474I1Zc68en vendant des choses, en économisant sur tout, ne pourrait-il pas avoir cette pièce en 4 ans ? Le serviteur était entré dans le cercle du 99...
Il devint soucieux, grincheux, irritable. Le roi s'en aperçu  : Que t'arrive-t-il ? Il n'y a pas si longtemps, tu riais et chantais ! Le serviteur répondit sèchement au roi qu'il faisait son travail, qu'on ne pouvait pas exiger de lui qu'il soit aussi le bouffon ou le baladin du roi. Le roi ne supporta plus la mauvaise humeur de son serviteur et il le renvoya.
Ne sommes-nous pas captifs de cette attitude qu'il nous manque toujours quelque chose pour être satisfaits ? Quand nous aurons ce qui nous manque, nous serons satisfait, pensons-nous. Et quand nous avons obtenu ce que nous voulons, nous revenons au point de départ. La joie du contentement n'est pas là !
La Bible nous invite à nous contenter de ce que nous avons, sans tomber dans des convoitises qui vont nous attirer des problèmes. Dans la lettre aux Hébreux ch. 13, v.5 nous lisons : " Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent ; contentez–vous de ce que vous avez, car il (Dieu) a dit lui–même : Je ne te délaisserai jamais, je ne t’abandonnerai jamais."
Le contentement repose sur la confiance qu'on accorde à Celui qui a promis de ne jamais nous abandonner, de ne jamais nous laisser manquer de rien. Le roi David, dans le célèbre Psaume 23 déclare : "l'Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien." La certitude de savoir que quelqu'un d'immensément puissant prend soin de nous, nous donne la liberté de n'être plus captivé par ce qui nous manque, mais de nous reposer sur ses promesses. Le bonheur est pour celui qui sait se contenter de ce qu'il a, sans se faire de soucis pour ce qu'il n'a pas ou pourrait avoir. Faites le test : en passant dans les allées d'un supermarché, faites le compte de toutes les choses dont vous pouvez vous passer... et soyez reconnaissant pour cela ! Dieu pourvoit, il s'y est engagé (si on a mis sa confiance en lui, bien sûr). Pourquoi se tracasser pour les choses qu'on n'a pas et qu'on ne possédera peut-être jamais ! Jésus dit dans l'Evangile selon Matthieu, ch. 6, v.19 "Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler. Amassez–vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur." Puis il continue son discours sur le fait de ne pas s'inquiéter pour notre vie.  Dans ces temps où les difficultés de la vie augmentent, sommes-nous la proie des publicités ou nous contentons-nous du nécessaire ? Avons-nous peur de manquer, ou faisons-nous confiance à Celui qui a dit : je pourvoirai à tous vos besoins (en non à toutes nos envies !) ?
June 19

SE CONFORMER A QUI OU A QUOI ?

Dans son livre « Contes à guérir, contes à grandir » Jacques Salomé raconte l’histoire suivante inspirée d’un conte tibétain :

 

free_281397     « Au pays de mon enfance, il était une fois un jeune garçon qui découvrit un œuf merveilleux dans le nid d’un aigle. Il s’en empara, redescendit au village et mit l’œuf magnifique à couver dans le poulailler de la ferme de ses parents.

Quand l’œuf vint à éclore, un petit aigle en sortit et grandit parmi les poussins, picorant sa nourriture comme ses compagnons.

Un jour, regardant le ciel, il vit un aigle qui planait au-dessus de la ferme. Il sentit ses ailes frémir et dit à un de ses frères poulets :

-       Comme j’aimerais en faire autant !

-       Ne sois pas idiot, répondit le poulet, seul un aigle peut voler aussi haut.

Honteux de son désir, le petit aigle retourna gratter la poussière et picorer son grain, le bec au sol. Il ne remit plus jamais en cause la place qu’il croyait avoir reçue sur cette terre.

 

Imaginez que l’aiglon de cette histoire ait refusé de se laisser définir par les autres et qu’il se soit appuyé sur son envie ! Comme l’aigle dans le ciel, il serait devenu ce qu’il est. »

 

On peut voir dans ce conte une allégorie de la chute de l’être humain. En tant qu’être humain, on peut vivre de manière médiocre sans penser que notre vie pourrait être toute différente. La société, la famille, les circonstances ont fait, croyons-nous, ce que nous sommes, et on n’y peut rien changer. Pourtant, en tant qu’être humain, créature de Dieu, doué de raison, on a la possibilité de révéler l’énorme potentiel que Dieu a donné à chacun de nous. Chaque être humain est différent et a des qualités propres à exprimer. Même si nous nous sentons limités, certains d’entre nous peuvent obtenir un résultat satisfaisant, par la volonté d’arriver à ce qu’ils désirent. Mais combien il est difficile de s’extraire des attentes et des pressions de notre entourage !

 

Mais que se passe-t-il lorsqu’un être humain fait une rencontre personnelle avec son créateur ?

Une relation commence… L’être humain reconnaît alors ses limites, et surtout le fait d’avoir désobéi aux commandements qui lui permettent de bien gérer à la fois sa vie personnelle, sa vie en société et sa relation avec Dieu. Devant les commandements de Dieu, on se sent inapte à vivre en conformité avec les exigences de Dieu. Cependant, par la foi en Jésus-Christ, l’homme a la possibilité de rentrer dans une relation intime avec Dieu. Il est libéré de l’esclavage du péché pour vivre en conformité avec la loi de Dieu par la puissance du St-Esprit qui habite en lui.

 

L’Apôtre Paul déclare ceci (Lettre aux Romains ch. 12, v. 2 - version étendue Parole Vivante) : Ne vous coulez pas simplement dans le moule de tout le monde. Ne conformez pas votre vie aux principes qui régissent le siècle présent ; ne copiez pas les modes et les habitudes du jour. Laissez–vous plutôt entièrement transformer par le renouvellement de votre mentalité. Adoptez une attitude intérieure différente. Donnez à vos pensées une nouvelle orientation afin de pouvoir discerner ce que Dieu veut de vous. Ainsi, vous serez capables de reconnaître ce qui est bon à ses yeux, ce qui lui plaît et qui vous conduit à une réelle maturité.

 

La venue de l’Esprit de Dieu dans la vie d’une personne produit une telle transformation, que cette personne est libérée de devoir plaire au monde environnant, d’être modelée par les autres. Elle retrouve sa vraie valeur, son vrai « moi » en relation avec Celui qui l’a conçue et qui l’a connaît depuis toujours (voir Psaume 139.13-16). Cette personne souhaite être renouvelée de telle façon que la pensée de son créateur et Sauveur s’imprègne en elle, et non la pensée du monde. La pensée de Dieu et la pensée du monde environnant sont contraires l’une à l’autre. Ce changement de façon de voir est libérateur des ‘devoirs faire’ et des ‘devoirs paraître’ pour plaire aux autres ; il restructure complètement un individu qui adopte enfin un comportement qui plait à Dieu.

 

Certains passages bibliques montrent bien ce changement : Lettre de Paul aux Colossiens ch. 1 v. 21-22  Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos œuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche.

 

L’être humain, même s’il confie sa vie au Seigneur Jésus, a toujours le choix de conformer sa vie à la volonté de Dieu ou à celle du monde environnant. La différence, c’est qu’avec l’aide et la puissance de l’Esprit de Dieu, il devient possible de changer d’orientation pour adopter une nouvelle façon de penser et de vivre. Alors que sans Christ dans sa vie, on n’a guère de choix (et surtout on n’a pas d’espérance). Alors dans ce cas, à quoi bon changer si cela ne mène nulle part ? Un changement radical peut se produire par la présence vivante de Christ !

 

On n’est pas appelé à vivre une vie qui consiste à « picorer son grain », le nez rivé vers le bas, en se conformant à ce qu’on attend de nous. On est appelé à lever les yeux et à vivre une relation éternelle avec Dieu notre créateur, selon son plan, préparé pour chacun en particulier. On est appelé à être enfin ce pourquoi on a été créé, en relation avec Celui qui nous a créé. Et ceci afin d’accomplir la mission que Dieu nous a préparé. La malédiction de la chute se voit déjà maintenant stoppée. Si l’aiglon de ce conte pourrait devenir un bel aigle adulte planant très haut, s’il pourrait retrouver sa vraie vocation, ce pour quoi il est fait, il en est de même de l’être humain qui retrouve sa vocation première : quelqu’un qui est créé à l’image de Dieu, pour être en relation intime avec Dieu, pour vivre pleinement sa vie tel que Dieu l’a voulu et pour l’éternité. Cela est offert en Jésus-Christ dès maintenant. Le voulons-nous ? Laisserons-nous notre environnement décider de notre vie ? Où bien voulons-nous plutôt accomplir ce pourquoi nous avons été créés ?

 
June 05

LE SECRET DE LA CHAMBRE

 

MENDIANTDans son livre « l’arbre aux trésors » (Seuil, 1987) Henri Gougaud rapporte un conte d’origine africaine : « le secret ». Voici un résumé de cette histoire :

 

 Mahmoud et Ayaz étaient deux amis inséparables. L’un était roi, l’autre son esclave. Ayaz était arrivé un jour à la porte du palais du roi. C’était un vagabond vêtu de guenilles. Il avait erré avec le désir d’atteindre la lumière. Le roi avait fait de lui son conseiller et son frère de cœur.

Les courtisans se mirent à détester cet homme que le roi leur préférait. Ils le surveillèrent et découvrirent une chose bizarre qu’ils rapportèrent  au roi : « Chaque jour Ayaz va s’enfermer dans une chambre. Il prend soin de verrouiller la porte. Que cache-t-il ? Que trame-t-il ? »

Le roi leur répondit : « Ayaz est mon ami, vos soupçons sont absurdes.»

 Mais l’information avait atteint son but : le roi était troublé. Il fit appeler Ayaz et lui demanda :

- Frère, ne me caches-tu rien ?

- Rien, seigneur, répondit Ayaz

- Si je te demandais ce que tu fais dans cette chambre tous les soirs, me le dirais-tu ?

Ayaz baissa la tête et murmura :

- Non, seigneur.

- Ayaz, es-tu fidèle ?

- Je le suis, seigneur.

Le roi soupira :

- Laisse-moi, dit-il.

Il ne put trouver la paix.

 

Le soir venu, Ayaz, en sortant de sa chambre, trouva le roi et sa cour.

- Ouvre cette porte, dit le roi.

L’esclave serra la clé dans son poing et refusa d’obéir. Le roi gronda :

- Si tu ne me laisses pas entrer, ma confiance en toi sera morte. Veux-tu que notre amitié soit à jamais défaite ?

Ayaz laissa tomber la clé. On ouvrit la porte et le roi s’avança dans la pièce. Elle était vide. Au mur pendait un manteau rapiécé, un bâton et un bol de mendiant. Le roi resta muet devant ces guenilles. Alors, Ayaz ouvrit la bouche :

- Dans cette chambre, je viens tous les jours pour ne pas oublier qui je suis : un  errant dans ce monde. Seigneur, tu me combles de faveur, mais sache que mes seuls biens sont ce manteau troué, ce bâton et ce bol. C’est ici mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ?

- Pardonne-moi,  dit le roi.

 

Ce conte souligne plusieurs aspects intéressants :

- A certains égard, cela évoque le prophète Daniel qui se retirait dans sa chambre pour prier, et était jalousé par les courtisans du roi, et qui finirent par trouver son « secret » dans le but de le faire périr. Mal leur en pris, car ce sont eux qui finirent dévorés par les lions ! (voir Daniel, ch.6)

 

- D’autre part, hormis le fait de se retirer dans sa chambre pour se recueillir, on voit le personnage d’Ayaz venir contempler sa guenille de mendiant. Il ne se considère pas comme un parvenu. Il n’oublie rien de son passé, pour mieux apprécier la grâce que le roi lui a faite.

 

Réflexion :

Lorsque nous « contemplons » (méditons sur) la croix de Golgotha où Jésus-Christ, le Roi des rois, est mort et ressuscité pour délivrer l’être humain de l’esclavage du péché et de la mort, on mesure encore plus la grâce obtenue par son œuvre. Tout comme cet ex-mendiant, on se souvient d’où on a été tirés, si du moins on a l’assurance d’être sauvés. Quand on regarde à la croix, on mesure le prix payé par le Fils de Dieu qui a pris sur lui notre errance dans le péché, loin de Lui. Nous mesurons aussi que nous avons, en Lui, ce que nous ne méritons pas : la vie au lieu de la mort, la communion avec Dieu au lieu de la perdition.

L’Apôtre Paul rappelle aux croyants de l’église d’Ephèse qu’ils étaient autrefois sans Christ, des étrangers, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Ephésiens 2.11-12). Et il poursuit : maintenant vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens de passage, mais des concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu (v.19). Quelle que soit notre condition passée, lorsque nous devenons amis de Dieu, c’est pour l’éternité. Rien ne peut nous séparer de son amour. Il nous considère comme ses enfants et nous fait siéger avec Lui éternellement. C’est l’assurance qu’il nous donne dès maintenant par son Esprit et sa Parole.

May 24

ABSENCE D'AUDITEURS ?

1205408190gjNy7M2 Timothée 4.2-4

Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant.Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais au gré de leurs propres désirs, avec la démangeaison d’écouter, ils se donneront maîtres sur maîtres ; ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables.

Jérémie 7. 23-28

Mais voici l’ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix, Pour que je sois votre Dieu, Et que vous soyez mon peuple ; Marchez dans toutes les voies Que je vous commande, Afin que vous soyez heureux. Et ils n’ont pas écouté, Ils n’ont pas tendu l’oreille ; Ils ont suivi les conseils, L’obstination de leur cœur mauvais. Ils ont été en arrière et non en avant. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte, Jusqu’à ce jour, Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, Je les ai envoyés chaque jour, dès le matin. Mais ils ne m’ont pas écouté, Ils n’ont pas prêté l’oreille ; Ils ont raidi leur nuque, Ils ont fait le mal plus que leurs pères. Si tu leur adresses toutes ces paroles, Ils ne t’écouteront pas ; Si tu cries vers eux, Ils ne te répondront pas. Alors dis–leur : C’est ici la nation qui n’écoute pas La voix de l’Éternel, son Dieu, Et qui ne veut pas recevoir de leçon ; La fidélité a disparu, Elle s’est retirée de leurs paroles.

Pourquoi prêcher, témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ si personne ne veut écouter ? Voici une histoire pour encourager tous les prédicateurs, évangélistes, et tous ceux qui veulent témoigner de Jésus-Christ. Ce conte est rapporté par Henri Gougaud dans son livre « L’arbre aux trésors » Légendes du monde entier, Seuil, 1987.

LE CONTEUR (Tradition juive)

Il était une fois un homme nommé Yacoub. Il vivait pauvre mais sans souci, heureux de rien, libre comme un saltimbanque, et rêvant sans cesse plus haut que son front. En vérité, il était amoureux du monde. Or, le monde alentour lui paraissait morne, brutal, sec de cœur, sombre d’âme. Il en souffrait. « Comment, se disait-il, faire en sorte qu’il soit meilleur ? Comment amener à la bonté ces tristes vivants qui vont et viennent sans un regard pour leurs semblables ? » Il ruminait ces questions par les rues de Prague, sa ville, errant et saluant les gens qui ne lui répondaient pas.

Or, un matin, comme il traversait une place ensoleillée, une idée lui vint. « Et si je leur racontais des histoires ? pensa-t-il. Ainsi, moi qui connais la saveur de l’amour et de la beauté, je les amènerais assurément au bonheur. » Il se hissa sur un banc et se mit à parler. Des vieillards, des femmes étonnées, des enfants, firent halte un moment pour l’écouter, puis se détournèrent de lui et poursuivirent leur route.

Yacoub, estimant qu’il ne pouvait changer le monde en un jour, ne se découragea pas. Le lendemain il revint en ce même lieu et à nouveau lança au vent, à voix puissante, les plus émouvantes paroles de son cœur. De nouvelles gens s’arrêtèrent pour l’écouter, mais en plus petit nombre que la veille. Certains rirent de lui. Quelqu’un le traita même de fou, mais il ne voulut pas l’entendre. « Les paroles que je sème germeront, se dit-il. Un jour elles entreront dans les esprits et les éveilleront. Je dois parler, parler encore. »

Il s’obstina donc et, jour après jour, vint sur la grand-place de Prague parler au monde, conter merveilles, offrir à ses pareils l’amour qu’il sentait. Mais les curieux se firent rares, disparurent, et bientôt il ne parla plus que pour les nuages, le vent et les silhouettes pressées qui lui lançaient à peine un coup d’œil étonné, en passant. Pourtant il ne renonça pas.

Il découvrit qu’il ne savait et ne désirait rien faire d’autre que conter ses histoires illuminantes, même si elles n’intéressaient personne. Il se mit à les dire les yeux fermés, pour le seul bonheur de les entendre, sans se soucier d’être écouté. Il se sentit bien en lui-même et désormais ne parla plus qu’ainsi : les yeux fermés. Les gens, craignant de se frotter à ses étrangetés, le laissèrent seul dans ses palabres et prirent l’habitude, dès qu’ils entendaient sa voix dans le vent, d’éviter le coin de la place où il se tenait.

Ainsi passèrent des années. Or, un soir d’hiver, comme il disait un conte prodigieux dans le crépuscule indifférent, il sentit que quelqu’un le tirait par la manche. Il ouvrit les yeux et vit un enfant. Cet enfant lui fit une grimace goguenarde et lui dit en se hissant sur la pointe des pieds :

- Ne vois-tu pas que personne ne t’écoute, ne t’a jamais écouté, ne t’écoutera jamais ? Qui t’a donc poussé à perdre ainsi ta vie ?

- J’étais fou d’amour pour mes semblables, répondit Yacoub. C’est pourquoi, au temps où tu n’étais pas encore né, m’est venu le désir de les rendre heureux.

Le marmot ricana :

- Eh bien, pauvre fou, le sont-ils ?

- Non, dit Yacoub, hochant la tête.

- Pourquoi donc t’obstines-tu, demanda doucement l’enfant, pris de pitié soudaine.

Yacoub réfléchit un instant.

- Je parle toujours, certes, et je parlerai jusqu’à ma mort. Autrefois c’était pour changer le monde.

Il se tut, puis son regard s’illumina. Il dit encore :

- Aujourd’hui c’est pour que le monde, lui, ne me change pas.117437906529N467

Parler de Jésus au monde peut ne pas avoir le résultat escompté, malgré l’amour que ses envoyés ont  pour le monde en portant ce beau message de salut ! Ce message n’attire pas les foules dans nos pays nantis ! Les gens évitent en général d’entendre des discours ‘religieux’. Cependant, il n’est nul besoin d’avoir un immense auditoire pour demeurer fidèle à la proclamation de la Bonne Nouvelle. « Prêcher dans le désert » n’est guère agréable ! Cela n’a pas empêché Dieu d’envoyer inlassablement des serviteurs dans le monde pour Le faire connaître. Même si le monde a rejeté ses serviteurs, et même son propre Fils, Dieu se manifeste par sa Parole. Celle-ci est encore prêchée aujourd’hui de par le monde entier, et cela jusqu’au retour en gloire du Fils de Dieu.

L’histoire ci-dessus nous raconte la fidélité d’un homme par rapport au but qu’il s’est fixé, mais aussi comment elle est une bénédiction particulière pour lui-même : en racontant ses histoires, et grâce à cela, il n’est pas devenu semblable au monde environnant. C’est sans doute aussi cela la bénédiction de Dieu : la proclamation de la Bonne Nouvelle est d’abord une bénédiction pour celui qui l’annonce fidèlement ! Rien de plus facile de ressembler à un monde indifférent ! Bien plus difficile de rester fixé sur le but ! C’est aussi ce que disait et faisait l’Apôtre Paul dans sa persévérance à annoncer l’Evangile :

Philippiens 3. 13-14

Frères, pour moi–même je n’estime pas encore avoir saisi (le prix); mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Christ–Jésus.

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