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5月6日 L'homme grenouille (2)Selon 3 contes ou fables, avec comme acteur principal une grenouille, notre attention est attirée sur 3 attitudes différentes positives et/ou négatives. Ces attitudes peuvent nous aider à réfléchir sur nous-mêmes et à faire des choix.
Le 2° conte « grenouillard » nous est bien connu : il s’agit de la fable de Jean de la Fontaine : la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. La grenouille envie la grosseur du bœuf et veut se faire son égal. Elle s’enfle tellement qu’elle éclate : « La chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva ». L’auteur met en évidence le désir des personnes de son époque de se faire une place de choix dans la haute société, proche du pouvoir. Cette fable se termine ainsi : « Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages. »
Cette fable met en évidence un des problèmes les plus profonds de la nature humaine : l’orgueil. L’être humain a voulu, très tôt, se séparer de son Créateur pour vivre une sorte d’autonomie dénuée de sens et de vérité. L’orgueil s’exprime au plus haut niveau quand l’homme et la femme veulent être leur propre dieu, sans devoir rendre des comptes à plus haut placé qu’eux. Poussés par un autre orgueilleux, l’ange du mal, l’être humain a volontairement désobéi au Créateur et Seigneur de toutes choses. Ce qui fait que toute personne de toutes les générations, séparée de la présence de Dieu, veut s’élever de sa condition par ses propres forces. Pour une gloire éphémère, pour réaliser ses rêves, que de désirs orgueilleux sont exprimés ! Les guerres de conquêtes, les rivalités pour le pouvoir, le désir de posséder toujours plus, d’écraser les autres, de se faire un nom, etc. sont des exemples de grenouilles enflées. L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Colossiens, chapitre 2, verset 18 décrit assez bien cette situation : Ils se livrent à leurs visions, ils s’enflent d’orgueil sans raison, poussés par leurs pensées tout humaines. L’orgueil rend l’être humain hostile à l’amour de l’autre. Il ne peut ni donner ni recevoir. L’amour est patient, l’amour est serviable, il n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil 1° lettre aux Corinthiens, chapitre 13, verset 4. Quand nous regardons ce qu’a fait Jésus pour nous sauver : Lui qui régnait éternellement en tant que Dieu, il a quitté son trône de gloire pour s’humilier en devenant semblable à nous (sauf le péché). Il a accepté le châtiment de la croix pour payer le prix de notre rébellion contre Dieu, avant de retrouver sa gloire. Nous voyons qu’aucun orgueil ne l’habitait. Bien au contraire, c’est grâce à son amour pour nous, son humilité, mais aussi son obéissance parfaite qu’il a pu accomplir ce sacrifice qui nous donne la vie. Voici ce que dit la 1° lettre de Jean, chapitre 2, verset 17 : Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. L’humilité précède la gloire, tandis que l’orgueil précède la chute. Il y a là encore un choix à faire. Le meilleur choix est de s’humilier devant le Seigneur, reconnaître et regretter de lui avoir désobéi, puis mettre sa confiance en la personne et l’œuvre de Christ. Dieu fait grâce à quiconque croit en lui. Il donne la vie éternelle dès maintenant. Pourquoi attendre ? Quelle gloire espérer dans ce monde ? Rien que du vent, mais pas pour ceux qui mettent leur espérance en Jésus-Christ seul.
L'homme grenouille (3)
Le 3° conte met aussi en scène une grenouille, ou plutôt 2 grenouilles, qui, face à une même situation, ont des réactions différentes, opposées. Il s’agit d’une histoire rapportée par Jorge Bucay dans son livre Laisse-moi te raconter… les chemins de la vie. Editions Pocket. En voici un résumé :
Deux grenouilles tombent dans une jatte de crème. Elles ne peuvent nager ou flotter dans cette pâte molle. Elles agitent les pattes pour atteindre le bord, mais elles s’enlisent. Elles ont du mal à rester à la surface et reprendre leur souffle. L’une d’elle dit : - Je n’en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Je vais mourir ; pourquoi s’épuiser dans un effort stérile. Ayant dit cela, elle cesse de s’agiter et s’enfonce, engloutie dans le liquide blanc. L’autre, plus obstinée, se dit : - Rien à faire ! Pas moyen d’avancer. La mort est proche, mais je lutterai jusqu’à mon dernier souffle. Elle continua à s’agiter et barboter au même endroit sans avancer pendant des heures. Et soudain, à force de battre des cuisses, la crème se transforma en beurre. Surprise, la grenouille fit un bond et, patinant, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.
Ce conte met en relief 2 attitudes opposées face à une situation difficile. Confrontés à toutes sortes d’épreuves, à l’adversité, nous n’avons pas tous la même façon de réagir. Certaines personnes semblent avoir une volonté à toute épreuve et nous impressionnent par leur force de caractère et leur persévérance dans l’adversité et dans l’épreuve. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. En effet, certains se disent : « à quoi bon », « je n’y arriverai pas », « inutile de persévérer dans cette voie », « laisse tomber ». Ce sont les « loosers » ! Ils pourraient stopper ce processus de pensée et rechercher une solution. Mais s’ils ne voient rapidement une issue à leur situation, ils sont vite découragés. Sans espoir, ils finissent par abandonner… comme la première grenouille, qui se laisse engloutir ! Heureusement, il y a ceux qui, au contraire, voient dans les épreuves, un défi à relever. Ils sont prêts à déployer toute leur énergie pour trouver une solution, un moyen de sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Ils gardent espoir jusqu’au bout…jusqu’à leur dernier souffle. Ce sont des battants ! Leur persévérance finit par être récompensée… comme la seconde grenouille, qui finit par sortir de sa jatte. Ainsi, certains se diront qu’ils ne sont pas dans le « bon camp » et que par conséquent c’est fichu pour eux. D’autres, quant à eux, réfléchissent et à se demandent : « Mais où trouver la force qui me manque pour pouvoir m’en sortir ? » Certains pensent que « ceux qui ont la foi » ont une force en eux qui les pousse. C’est en partie vrai. Mais à un détail près, c’est que ceux qui ont réellement la foi s’appuient sur quelqu’un qui est fiable à 100% ! C’est Jésus. En effet, le Seigneur Jésus a fait certaines promesses…pour ceux qui croient véritablement en Lui. En voici quelques-unes : Evangile selon Matthieu, chapitre 11, verset 28 Venez à moi, vous tous qui peinez sous la charge ; moi, je vous donnerai le repos. Evangile selon Jean, chapitre 6, verset 37 Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi.
L’apôtre Paul a connu toutes sortes d’épreuves dans sa vie de missionnaire. Il résume en quelques mots ses années d’expérience aux chrétiens de Corinthe : « … Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim et la soif, nous manquons d’habits convenables, nous sommes exposés aux coups, considérés comme des vagabonds, maltraités et errant de lieu en lieu, sans foyer, sans patrie. Nous nous épuisons à travailler de nos propres mains pour gagner notre pain quotidien. On nous insulte ? Nous répliquons par des bénédictions. On nous persécute ? Nous l’endurons en silence et avec patience. On nous accable d’injures et de calomnies ? Nous répondons par des paroles bienveillantes. On traîne notre réputation dans la boue ? Nous prions pour nos calomniateurs et nous essayons de les gagner au Christ. Jusqu’à maintenant, nous sommes considérés comme les ordures du monde et traités comme le rebut de l’univers. » 2ème lettre aux Corinthiens, chapitre 4, versets 11 à 13.
Où a-t-il bien pu puiser la force dont il avait besoin pour s’en sortir et ne pas abandonner après toutes ses difficultés ? Il livre son secret aux gens de Philippe : « Toujours et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à vivre avec beaucoup et avec peu. Je suis capable de tout cela grâce au Christ qui me rend fort. » Philippiens, chapitre 4, versets 11 – 12. Il savait qu’en lui-même il ne trouverait pas la force de faire face à toutes ses épreuves, c’est pourquoi il a fait appel au Seigneur Jésus. Il puisait en lui l’énergie, le courage, la force dont il avait besoin.
Compter sur Jésus-Christ n’est en fait pas un aveu de faiblesse, mais de confiance. Celui qui se croit fort et n’a pas besoin de Dieu, se retrouve au bout du compte seul et n’a personne sur qui s’appuyer. Qu’y-a-t-il de mieux : ne compter que sur soi pour espérer sans sortir ou compter sur quelqu’un qui répond toujours présent à vos cotés, quelque soit la situation ? Encore une question de choix ! 6月5日 LE SECRET DE LA CHAMBRE
Mahmoud et Ayaz étaient deux amis inséparables. L’un était roi, l’autre son esclave. Ayaz était arrivé un jour à la porte du palais du roi. C’était un vagabond vêtu de guenilles. Il avait erré avec le désir d’atteindre la lumière. Le roi avait fait de lui son conseiller et son frère de cœur. Les courtisans se mirent à détester cet homme que le roi leur préférait. Ils le surveillèrent et découvrirent une chose bizarre qu’ils rapportèrent au roi : « Chaque jour Ayaz va s’enfermer dans une chambre. Il prend soin de verrouiller la porte. Que cache-t-il ? Que trame-t-il ? » Le roi leur répondit : « Ayaz est mon ami, vos soupçons sont absurdes.» Mais l’information avait atteint son but : le roi était troublé. Il fit appeler Ayaz et lui demanda : - Frère, ne me caches-tu rien ? - Rien, seigneur, répondit Ayaz - Si je te demandais ce que tu fais dans cette chambre tous les soirs, me le dirais-tu ? Ayaz baissa la tête et murmura : - Non, seigneur. - Ayaz, es-tu fidèle ? - Je le suis, seigneur. Le roi soupira : - Laisse-moi, dit-il. Il ne put trouver la paix.
Le soir venu, Ayaz, en sortant de sa chambre, trouva le roi et sa cour. - Ouvre cette porte, dit le roi. L’esclave serra la clé dans son poing et refusa d’obéir. Le roi gronda : - Si tu ne me laisses pas entrer, ma confiance en toi sera morte. Veux-tu que notre amitié soit à jamais défaite ? Ayaz laissa tomber la clé. On ouvrit la porte et le roi s’avança dans la pièce. Elle était vide. Au mur pendait un manteau rapiécé, un bâton et un bol de mendiant. Le roi resta muet devant ces guenilles. Alors, Ayaz ouvrit la bouche : - Dans cette chambre, je viens tous les jours pour ne pas oublier qui je suis : un errant dans ce monde. Seigneur, tu me combles de faveur, mais sache que mes seuls biens sont ce manteau troué, ce bâton et ce bol. C’est ici mon royaume. Ne pouvais-tu le respecter ? - Pardonne-moi, dit le roi.
Ce conte souligne plusieurs aspects intéressants : - A certains égard, cela évoque le prophète Daniel qui se retirait dans sa chambre pour prier, et était jalousé par les courtisans du roi, et qui finirent par trouver son « secret » dans le but de le faire périr. Mal leur en pris, car ce sont eux qui finirent dévorés par les lions ! (voir Daniel, ch.6)
- D’autre part, hormis le fait de se retirer dans sa chambre pour se recueillir, on voit le personnage d’Ayaz venir contempler sa guenille de mendiant. Il ne se considère pas comme un parvenu. Il n’oublie rien de son passé, pour mieux apprécier la grâce que le roi lui a faite.
Réflexion : Lorsque nous « contemplons » (méditons sur) la croix de Golgotha où Jésus-Christ, le Roi des rois, est mort et ressuscité pour délivrer l’être humain de l’esclavage du péché et de la mort, on mesure encore plus la grâce obtenue par son œuvre. Tout comme cet ex-mendiant, on se souvient d’où on a été tirés, si du moins on a l’assurance d’être sauvés. Quand on regarde à la croix, on mesure le prix payé par le Fils de Dieu qui a pris sur lui notre errance dans le péché, loin de Lui. Nous mesurons aussi que nous avons, en Lui, ce que nous ne méritons pas : la vie au lieu de la mort, la communion avec Dieu au lieu de la perdition. L’Apôtre Paul rappelle aux croyants de l’église d’Ephèse qu’ils étaient autrefois sans Christ, des étrangers, sans espérance et sans Dieu dans le monde (Ephésiens 2.11-12). Et il poursuit : maintenant vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens de passage, mais des concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu (v.19). Quelle que soit notre condition passée, lorsque nous devenons amis de Dieu, c’est pour l’éternité. Rien ne peut nous séparer de son amour. Il nous considère comme ses enfants et nous fait siéger avec Lui éternellement. C’est l’assurance qu’il nous donne dès maintenant par son Esprit et sa Parole. 5月24日 ABSENCE D'AUDITEURS ?Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant.Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais au gré de leurs propres désirs, avec la démangeaison d’écouter, ils se donneront maîtres sur maîtres ; ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables. Jérémie 7. 23-28 Mais voici l’ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix, Pour que je sois votre Dieu, Et que vous soyez mon peuple ; Marchez dans toutes les voies Que je vous commande, Afin que vous soyez heureux. Et ils n’ont pas écouté, Ils n’ont pas tendu l’oreille ; Ils ont suivi les conseils, L’obstination de leur cœur mauvais. Ils ont été en arrière et non en avant. Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte, Jusqu’à ce jour, Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, Je les ai envoyés chaque jour, dès le matin. Mais ils ne m’ont pas écouté, Ils n’ont pas prêté l’oreille ; Ils ont raidi leur nuque, Ils ont fait le mal plus que leurs pères. Si tu leur adresses toutes ces paroles, Ils ne t’écouteront pas ; Si tu cries vers eux, Ils ne te répondront pas. Alors dis–leur : C’est ici la nation qui n’écoute pas La voix de l’Éternel, son Dieu, Et qui ne veut pas recevoir de leçon ; La fidélité a disparu, Elle s’est retirée de leurs paroles. Pourquoi prêcher, témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ si personne ne veut écouter ? Voici une histoire pour encourager tous les prédicateurs, évangélistes, et tous ceux qui veulent témoigner de Jésus-Christ. Ce conte est rapporté par Henri Gougaud dans son livre « L’arbre aux trésors » Légendes du monde entier, Seuil, 1987. LE CONTEUR (Tradition juive) Il était une fois un homme nommé Yacoub. Il vivait pauvre mais sans souci, heureux de rien, libre comme un saltimbanque, et rêvant sans cesse plus haut que son front. En vérité, il était amoureux du monde. Or, le monde alentour lui paraissait morne, brutal, sec de cœur, sombre d’âme. Il en souffrait. « Comment, se disait-il, faire en sorte qu’il soit meilleur ? Comment amener à la bonté ces tristes vivants qui vont et viennent sans un regard pour leurs semblables ? » Il ruminait ces questions par les rues de Prague, sa ville, errant et saluant les gens qui ne lui répondaient pas.
Or, un matin, comme il traversait une place ensoleillée, une idée lui vint. « Et si je leur racontais des histoires ? pensa-t-il. Ainsi, moi qui connais la saveur de l’amour et de la beauté, je les amènerais assurément au bonheur. » Il se hissa sur un banc et se mit à parler. Des vieillards, des femmes étonnées, des enfants, firent halte un moment pour l’écouter, puis se détournèrent de lui et poursuivirent leur route.
Yacoub, estimant qu’il ne pouvait changer le monde en un jour, ne se découragea pas. Le lendemain il revint en ce même lieu et à nouveau lança au vent, à voix puissante, les plus émouvantes paroles de son cœur. De nouvelles gens s’arrêtèrent pour l’écouter, mais en plus petit nombre que la veille. Certains rirent de lui. Quelqu’un le traita même de fou, mais il ne voulut pas l’entendre. « Les paroles que je sème germeront, se dit-il. Un jour elles entreront dans les esprits et les éveilleront. Je dois parler, parler encore. »
Il s’obstina donc et, jour après jour, vint sur la grand-place de Prague parler au monde, conter merveilles, offrir à ses pareils l’amour qu’il sentait. Mais les curieux se firent rares, disparurent, et bientôt il ne parla plus que pour les nuages, le vent et les silhouettes pressées qui lui lançaient à peine un coup d’œil étonné, en passant. Pourtant il ne renonça pas.
Il découvrit qu’il ne savait et ne désirait rien faire d’autre que conter ses histoires illuminantes, même si elles n’intéressaient personne. Il se mit à les dire les yeux fermés, pour le seul bonheur de les entendre, sans se soucier d’être écouté. Il se sentit bien en lui-même et désormais ne parla plus qu’ainsi : les yeux fermés. Les gens, craignant de se frotter à ses étrangetés, le laissèrent seul dans ses palabres et prirent l’habitude, dès qu’ils entendaient sa voix dans le vent, d’éviter le coin de la place où il se tenait.
Ainsi passèrent des années. Or, un soir d’hiver, comme il disait un conte prodigieux dans le crépuscule indifférent, il sentit que quelqu’un le tirait par la manche. Il ouvrit les yeux et vit un enfant. Cet enfant lui fit une grimace goguenarde et lui dit en se hissant sur la pointe des pieds : - Ne vois-tu pas que personne ne t’écoute, ne t’a jamais écouté, ne t’écoutera jamais ? Qui t’a donc poussé à perdre ainsi ta vie ? - J’étais fou d’amour pour mes semblables, répondit Yacoub. C’est pourquoi, au temps où tu n’étais pas encore né, m’est venu le désir de les rendre heureux. Le marmot ricana : - Eh bien, pauvre fou, le sont-ils ? - Non, dit Yacoub, hochant la tête. - Pourquoi donc t’obstines-tu, demanda doucement l’enfant, pris de pitié soudaine. Yacoub réfléchit un instant. - Je parle toujours, certes, et je parlerai jusqu’à ma mort. Autrefois c’était pour changer le monde. Il se tut, puis son regard s’illumina. Il dit encore : - Aujourd’hui c’est pour que le monde, lui, ne me change pas. Parler de Jésus au monde peut ne pas avoir le résultat escompté, malgré l’amour que ses envoyés ont pour le monde en portant ce beau message de salut ! Ce message n’attire pas les foules dans nos pays nantis ! Les gens évitent en général d’entendre des discours ‘religieux’. Cependant, il n’est nul besoin d’avoir un immense auditoire pour demeurer fidèle à la proclamation de la Bonne Nouvelle. « Prêcher dans le désert » n’est guère agréable ! Cela n’a pas empêché Dieu d’envoyer inlassablement des serviteurs dans le monde pour Le faire connaître. Même si le monde a rejeté ses serviteurs, et même son propre Fils, Dieu se manifeste par sa Parole. Celle-ci est encore prêchée aujourd’hui de par le monde entier, et cela jusqu’au retour en gloire du Fils de Dieu. L’histoire ci-dessus nous raconte la fidélité d’un homme par rapport au but qu’il s’est fixé, mais aussi comment elle est une bénédiction particulière pour lui-même : en racontant ses histoires, et grâce à cela, il n’est pas devenu semblable au monde environnant. C’est sans doute aussi cela la bénédiction de Dieu : la proclamation de la Bonne Nouvelle est d’abord une bénédiction pour celui qui l’annonce fidèlement ! Rien de plus facile de ressembler à un monde indifférent ! Bien plus difficile de rester fixé sur le but ! C’est aussi ce que disait et faisait l’Apôtre Paul dans sa persévérance à annoncer l’Evangile : Philippiens 3. 13-14 Frères, pour moi–même je n’estime pas encore avoir saisi (le prix); mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et tendant vers ce qui est en avant, je cours vers le but pour obtenir le prix de la vocation céleste de Dieu en Christ–Jésus. |
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